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Le podcast Ă  la conquĂȘte de nouveaux publics : diffuser, rencontrer et se renouveler

  • Justine
  • 27 avr. 2023
  • 4 min de lecture

Le 18 avril dernier a eu lieu une journĂ©e dĂ©diĂ©e aux « sons de la crĂ©ativitĂ© ». C’est l’Institut de Communication et des MĂ©dias (ICM) d’Echirolles qui a organisĂ©, au sein de son Ă©tablissement, plusieurs tables rondes et prĂ©sentations autour de la question du podcast. Ainsi, les questions de la conception, de la production et la diffusion ont Ă©tĂ© abordĂ©es.







Des professionnel.les du son, des chercheurs de l’ICM et des Ă©tudiant.es en journalisme et en Information et Communication Ă©taient prĂ©sent.es pour animer cette journĂ©e d’échanges et de rĂ©flexions autour de ce mĂ©dium en plein essor. Emilie de Skadi&Co Ă©tait invitĂ©e Ă  la derniĂšre table ronde de la journĂ©e, animĂ©e par Lucie Alexis, maĂźtresse de confĂ©rences en SIC, et Sidonie Naulin, maĂźtresse de confĂ©rences en sociologie. Les questions abordĂ©es Ă©taient notamment celle de la diffusion des podcasts et des nouveaux publics.

Retour sur ce débat riche.


Quatre voix au micro

Emilie était entourée de trois autres professionnel.les du son et du milieu culturel :

  • NoĂ«mie Lepage est agitatrice en milieu culturel. Elle milite pour la diffusion de la culture. Sa phrase favorite ? « Nous sommes toutes et tous des ĂȘtres de culture ». Elle travaille notamment sur le patrimoine et sur la mĂ©diation de l’environnement auprĂšs des enfants. Elle est Ă©galement co-rĂ©alisatrice et la voix du podcast OyĂ©, destinĂ© aux petites oreilles de 7-12 ans.

  • Laurent Le Gall est professeur d’histoire contemporaine Ă  l’universitĂ© de Bretagne Occidentale de Brest. Il est Ă©galement le PrĂ©sident de l’association Longueur d’Ondes qui Ɠuvre depuis 2002 pour la valorisation des crĂ©ations radiophoniques et qui porte chaque annĂ©e le festival de la radio du mĂȘme nom.

  • Florent Latrive est directeur dĂ©lĂ©guĂ© au numĂ©rique de France Culture. Il est Ă©galement maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’institut français de presse de l’universitĂ© PanthĂ©on-Assas.


Médias traditionnels et podcast :

deux publics différents ?


Le constat global est Ă©tablit : les auditeurs de podcast sont jeunes. En effet, la particularitĂ© du podcast, contrairement Ă  la radio, c’est qu’il est possible de chercher et d’écouter ce qui nous intĂ©resse, et donc d’axer son Ă©coute sur des sujets bien prĂ©cis. Il y a une certaine identification qui peut se faire au travers des choix de podcasts. A contrario, Ă©couter la radio, c’est capter le monde tel qu’il est, sans se focaliser sur une notion en particulier. L’ñge du public peut Ă©galement s’expliquer par une mode instaurer par le podcast, devenu quelque chose de « cool » et de « mainstream ».


Attirer de nouveaux publics : une mission difficile


Les attentes et les habitudes du public changent constamment. Cela demande aux rĂ©alisateurs et aux producteurs de faire preuve de beaucoup d’adaptation. Un public, cependant, reste accessible et demandeur : les enfants, surtout depuis le confinement. Peu de podcasts leur Ă©taient dĂ©diĂ©s, quelques annĂ©es auparavant. Le public des 0 - 15 ans est donc un vĂ©ritable marchĂ© Ă  conquĂ©rir. Depuis, le podcast pour enfants a pris une place importante. La difficultĂ© cependant reste de rĂ©ussir Ă  s’adresser Ă  la fois aux enfants et aux parents, qui restent les prescripteurs. Ils sont aussi ceux qui vont crĂ©er des habitudes d’écoute chez les tous petits.


Le podcast : comment éviter la balkanisation des publics ?


*Balkanisation : division, fragmentation

Deux points ont été évoqués :


La diversitĂ© d’approche

Trois types d’approches semblent prĂ©gnantes.

La premiĂšre est l’approche dite « sensible ». Elle revĂȘt l’idĂ©e d’aller directement Ă  la rencontre des auditeurs.trices pour discuter de leurs habitudes d’écoutes.

La deuxiĂšme est l’approche dite « mĂ©trique ». Elle consiste en la comprĂ©hension de ce qui plaĂźt au plus grand nombre aux travers des donnĂ©es (nombre d’écoutes, de rĂ©actions, de partages etc
).

Enfin, entre ces deux approches, il existe un entre-deux, avec des outils numĂ©riques qui peuvent ĂȘtre liĂ©s Ă  la diffusion des Ă©pisodes en live, comme Twitch. Cette plateforme créée une distance, car tout se passe derriĂšre un Ă©cran. Mais elle instaure aussi une certaine proximitĂ© avec la possibilitĂ© de discuter en live et de recueillir les avis des auditeurs dans le chat. Cette derniĂšre approche reste nĂ©anmoins difficile Ă  maĂźtriser.


Être maütre de sa diffusion

Le podcast est un mĂ©dium par lequel il est possible de choisir ce que nous voulons Ă©couter et les thĂ©matiques sur lesquelles nous souhaitons acquĂ©rir plus de savoirs. C’est ici que maĂźtriser sa diffusion est un atout majeur pour ne pas laisser les auditeurs.trices s’enfermer dans leur bulle. Faire des propositions variĂ©es permet de ne pas entretenir cette balkanisation des publics. Ainsi, maĂźtriser les diffĂ©rents outils et canaux de communication, mais aussi y investir du temps et de l’argent parait primordial.


Un médium plus participatif ?

Tout dĂ©pend du podcast, du public et du contexte. Pour reprendre l’exemple du podcast OyĂ©, le public visĂ© (les enfants) est Ă©galement celui qui fait le podcast. En effet, ce sont les enfants qui se chargent de l’interview des scientifiques. Une chose a fait dĂ©bat cependant, concernant la forme. Certains dĂ©fendent la thĂšse que le podcast est plus immersif que l’objet radiophonique et que les formes d’écriture sont diffĂ©rentes. Il y aurait grĂące au podcast une adresse directe Ă  l’auditeur.trice. C’est sans compter l’écoute des radios associatives, dont les Ă©critures et les sujets sont, depuis l’aprĂšs deuxiĂšme guerre mondiale et la monopolisation symbolisĂ©e par l’ORTF, beaucoup moins conventionnels et plus larges que dans les mĂ©dias traditionnels.

Une chose est sûre cependant : le podcast invoque une écoute individuelle car elle se fait en grande majorité au casque.


Et pour finir

Cette table ronde sur la question des nouveaux publics s’est conclue par une intervention de Flore Di Sciullo et Marie-Eve Le Saulnier, toutes deux post-doctorantes au sein du projet Obcast, l’Observatoire du podcast. Elles ont participĂ© Ă  la journĂ©e d’étude et ont rĂ©digĂ© une conclusion pour venir clore cette journĂ©e. Le mot de la fin Ă©tait le suivant :


« Faites des podcasts ! »


Article écrit par Justine Facchin, relu et corrigé par Emilie.

 

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